Après deux ans de préparation, le Musée national des beaux-arts du Québec dévoile enfin une présentation haute en lignes et en courbes mettant en lumière le corps dans toute sa splendeur. Disposant en exclusivité d’une série soigneusement choisie des œuvres de Picasso, figure emblématique de l’art visuel, le MNBAQ propose à ses visiteurs bien plus qu’une immersion dans la vie du célèbre peintre. Il propose aussi en deuxième partie une variété d’œuvres visuels d’artistes principalement locaux pour accompagner la lancée sur le corps illustré par Picasso. 

Puisque notre regard sur l’art dans son contexte de création évolue, sommes-nous plus tolérants envers les arts ? 

Cette question est au sein même de la création de cette exposition. Présentée du 12 juin au 12 septembre, cette exposition exclusivement dédiée aux figures sur la diversité corporelle laisserait pensifs les visiteurs et ouvrira sans aucune doute le dialogue sur votre perception de la diversité corporelle. Dans l’esprit de l’évolution temporelle de la représentation du corps humain, le musée a décidé d’employer les œuvres phares du maitre Picasso. Dans ce parcours proposé, les premières œuvres de Pablo Picasso démontrent aisément qu’il était maitre en la matière dès l’âge de 14 ans. Puis, une intéressante représentation temporelle des cinq femmes qu’il avait aimées et servie de muse pour ces œuvres sont soigneusement exposée, laissant ainsi le visiteur désemparé de la relation que cet homme d’origine espagnol pouvait avoir avec les femmes. Au fil des peintures affichées, les visiteurs pourront découvrir des formes androgynes, un regard parfois cruel envers certaines de ses muses ainsi qu’ un comportement misogyne et voir même violents envers elles. Le Musée national des beaux-arts du Québec n’exclue pas les tabous reliés à l’artiste, et c’est tout en son honneur. Divers témoignages de ces femmes qu’il a côtoyés sont même disponibles dans la section boutique du musée pour en découvrir davantage sur les comportements de Picasso. 

Pablo Picasso, Portrait de Dora Maar, 1937. Huile sur toile, 55,3 x 46,3 cm et La Lecture, 1932. Huile sur toile, 130 x 97,5 cm. Musée national Picasso-Paris Photo © RMN-Grand Palais (Musée national Picasso-Paris) / Mathieu Rabeau © Succession Picasso – SOCAN // Pablo Picasso, L’Acrobate, 1930. Huile sur toile, 162 x 130 cm. Musée national Picasso-Paris Photo © RMN-Grand Palais (Musée national Picasso-Paris) / Adrien Didierjean © Succession Picasso – SOCAN (Groupe CNW/Musée national des beaux-arts du Québec)

« Ces femmes ne sont pas simplement posées là comme un modèle qui s’ennuie. Elles sont prises au piège de ces fauteuils comme des oiseaux enfermés dans des cages. Je les ai emprisonnées parce que je cherche à saisir le mouvement de la chair et du sang à travers le temps.»- Pablo Picasso 

 

La diversité corporelle selon nos artistes d’ici 

Près de 40 œuvres sont présentées dans la deuxième section de l’exposition Picasso. Figures, Ouvrir le dialogue. Le corpus de The Womanhood Project présenté par Cassandra Cacheiro et Sara Hini propose une dizaine de photographies accompagné de textes soulignant les détresses de la société à négliger l’amour de son corps pour les yeux d’un idéal de beauté, une standardisation de la société que ces deux femmes photographes tentent depuis quelques années à abolir. Marion Wagschal et Arianne clément font également partie de l’exposition en proposant des images profondes et touchantes sur la relation intime du corps à l’âge d’or. L’humiliation et les regards de mépris sont au rendez-vous avec des photographies parfois choquantes, parfois cruelles teinté d’une autoreprésentation d’Haley Morris-Cafiero, originaire d’Atlanta. Alain Benoit (originaire de Victoriaville) et Fred Laforgenous (originaire du Saguenay) proposent des statues représentant des corps réalistes déviant de la standardisation du modèle de beauté.  Des poupées fabriquées à la main de Chason Yeboah, originaire de Toronto, sont également exposées en plein format afin de faire réfléchir sur l’identité proposé par les grandes industries. Puis, des représentations visuelles de Kezna Dalz, Kamissa Ma Koïta et les folies passagères de Maude Bergeron sont également présenté sous un angle éclatant rattaché aux sujets de la diversité corporelle.  

 

Selon les membres du MNBAQ, un musée est un lieu d’ouverture où les visiteurs sont invités à se remettre en question et à être habités par des révélations. Nul doute que cette exposition fera son chemin dans l’esprit des gens et offrira un regard nouveau envers notre propre société. 

Considérant la pandémie, l’exposition se fait uniquement par réservation sur le site du MNBAQ.

 

PRIX:

Jeune (13 à 17 ans) (7.00 $)

Jeune adulte (18 à 30 ans) (15.00 $)

lien:  pour réservation